Chapitre 5 – Agacements

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Chapitre 5 – Agacements

On ne va pas se mentir, il n’est pas dans les habitudes de la CFDT d’être naïve et nous savions que tout ne serait sans doute pas facile avec la Direction et effectivement on confirme, lors de cette période tout ne fût pas si simple
Même si la semaine dernière nous vantions la qualité du dialogue social au sein de la CR, nous nous souvenons aussi de vrais désaccords avec la Direction, de ceux qui peuvent rompre une confiance et nous en retenons deux majeurs.

 

Le télétravail

Il n’y a quasiment pas eu une réunion où le sujet du télétravail n’ait été abordé.
Nous avons dénonçé l’attitude de la Direction qui a baissé les bras et laissé la main aux managers sur la fameuse base du volontariat avec des responsables dans les secteurs d’agences ou dans les services qui rechignaient à proposer ce mode de travail, laissant aux salariés le soin de choisir ou non le télétravail.
Comme si cela était possible.
Outre les secteurs visés, Erdre et Loire ou encore Yon Bocage notamment, nous avons aussi évoqué les AEL, le service Crédit Agris Pros (CAP) qui est assez souvent revenu dans les débats ou encore ECO.

Tout cela nous a donc amené à échanger avec l’inspecteur du travail ce qui n’est pas banal

Il a confirmé la position que nous défendions : priorité au télétravail. Voilà notamment les arguments notifiés par l’inspection du travail :

“…C’est sur la base des dispositions du droit qui prévoient en priorité dadapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail”, avant de “planifier la prévention en y intégrant…l’organisation du travail” qu’il convient en premier lieu de mettre en place le télétravail et seulement dans un second temps, si le télétravail n’est pas possible, d’organiser le travail sur site.”
Les informations à disposition sur le site du ministère du travail prévoient ainsi explicitement la généralisation du télétravail, qui doit devenir la norme pour tous les postes qui le permettent.
La généralisation du télétravail, notamment pour les conseillers professionnels en agence, répond donc au respect des principes généraux de prévention rappelés ci-dessus.”
Tel est dit.
Nous ne regrettons nullement cette démarche, même si l’on sait que la Direction n’a pas du tout apprécié cette initiative, ele ne se prive pas pour le dire, mais nous n’avions guère le choix.

La réouverture des B

Second gros sujet de discorde, et le mot est certainement faible, avec la Direction : le réouverture en mode rideau fermé des BR.
Annoncée le 27 mars, signe d’un grand brassage en perspectif, nous dénonçons alors le risque de contamination des salariés entre eux.
Et là, nous n’avons pas apprécié en plus que cela soit justifié par des arguments fallacieux : l’heure était grave nous annonçait-on, voilà qu’il faudrait venir sauver la TOIP, et peu importe la mise en danger les salariés.
Par là-même nous apprenons l’existence de 2 taux distincts de décrochés : le taux de décroché sur sollicitations let le taux de décrochés sur appel.
Tout cela serait la faute à CATS qui avait indiqué au départ que la TOIP fonctionnait lorsque les collaborateurs du réseau étaient en situation de télétravail ; or cela ne fonctionne pas.

Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage.

La Direction acte la fin d’une équipe réserviste chez elle, il s’agit de ramener au moins 120 salariés au travail dans les agences, soit 2 à 3 par dans les 61 BR vides.Voilà un vrai désaccord profond qui nous a mis en colère et nous a même fait douter des réelles intentions de la Direction ; elle semblait alors prendre bien à la légère le risque sanitaire, nous avons alors eu le sentiment d’être manipulé comme alibi social, d’être une belle vitrine, mais de ne servir en fait à rien. Voilà le retour du business !Oui nous sommes en collère après la Direction qui avance de faux arguments pour justifier le rapatriement des salariés dans les agences.

Le lundi 30 mars au matin, peu de temps avant une nouvelle réunion du CSE prévue le même jour, coup de fil du DRH qui appelle la CFDT pour comprendre notre réaction.
Il faut dire que notre communication du samedi 28 mars a mis le feu aux poudres dans le réseau où les réactions des salariés sont virulentes.
Et voilà que nous aurions simplement mal compris des intentions de la Direction. Et puis quoi encore ?
Voilà la position qu’elle défendra lors de ce CSE où la Direction au grand complet (DGA et Directeur du Réseau seront présents), consciente du cataclysme occasioné par sa décision revient vendre son projet et calmer le jeu.
Elle rame la Direction mais ne parviendra jamais à nous convaincre de la sincérité de ses arguments.
Là aussi nous persistons à le croire, la décision était guidée par le seul souci de la TOIP, elle a ainsi fait prendre des risques aux salariés.

 

Poker Menteur

On assiste alors, au mieux à une véritable partie de ping-pong, au pire à un jeu de poker menteur sur la question des BR.
La Direction :
“Mais on n’a jamais dit cela, vous avez mal compris”
La CFDT :
“Mais cela est écrit dans votre dossier en noir sur blanc à la page 11”
La Direction :
“Cela se fera sur la base du volontariat”
La CFDT :
“Ah, on connait les limites du volontariat à la CR”
La Direction :
“Soyez en certains, notre priorité reste la sécurité des salariés”
La CFDT :
“Les salariés seront plus en sécurité chez eux qu’en agence”
La Direction :
“Les conditions sanitaires sont de bon niveau à la CR

Alors oui on lâche rien, surtout pas.
Voilà ce que nous écrivions dès le 28 mars pour alerter d’un potentiel relachement face à une Direction qui semblait se démobiliser estimant avoir déjà fait beaucoup.
Des accords avec l’employeur, nous en avons eu beaucoup et nous les avons valorisés, mais nous aurons aussi porté des demandes légitimes et souvent légales que la Direction aura rejeté malgré nos insistances.
Il en a été de l’octroi de titres restaurant pour les salariés des sites qui télétravaillent comme le prévoit la loi tout simplement.
La CFDT a été bien seule à réclamer ce dispositif et pour unique réponse, la Direction avance que cela n’est pas prévu dans l’accord en vigueur dans la CR. Et alors ? Faut-il pour autant créer une nouvelle iniquité?
Et que l’on sache cet accord exclu les salariés du réseau du télétravail, alors qu’ils en auront bénéficié lors de cette période.
Autre différend, il concerne l’indemnisation prévue par la loi pour tous les salariés qui sont en télétravail ; cette règle de droit a été rappelée par le Ministère du Travail pendant le confinement et là aussi, la Direction s’exonère de cette obligation légale, prétextant là-aussi que cela ne figure pas non plus dans notre accord local.
Nous avons hésité, mais avons sur ce sujet préféré ne pas ré-interpeller l’inspecteur du travail.
On le voit tout ne fût pas rose et la Direction a souvent encore voulu avoir le dernier mot.
Alors, même si l’instant était grave et le dialogue social riche, on peut le dire, la Direction nous a effectivement parfois agacé.
Nous reviendrons plus en détail la semaine prochaine sur les journées des 05 et 06 mai dernier où nous aurons soufflé le chaud et le froid.

 


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