Chapitre 3 – Des temps difficiles

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Chapitre 3 – Des temps difficiles

Oui, tout ne fût pas facile.
Nous avons ainsi parfois entendu des salariés aigris, quelquefois jaloux de voir certains rester chez eux pour garder leurs enfants, sans travailler ou presque, alors qu’eux étaient sur le front et croulaient sous une forte activité mettant leur santé en danger. 
Nous avons aussi vu des salariés ayant peur pour leur santé et celle de leur proche et d’autres jouer les héros à braver le virus souvent avec inconscience.
Iniquités et inégalités
Voilà une évidence, la situation a généré des inégalités et des iniquités entre salariés, mais comment pouvait-il en être autrement ?
Devait-on ne pas payer ou diminuer la rémunération de ceux qui étaient chez eux ?
Devait-on refuser les arrêts de travail pour garde d’enfants ?
Devait-on interdire le télétravail à ceux qui pouvaient y prétendre au prexte que certains en étaint exclus ?
Pouvait-on fermer l’entreprise ?
Evidemment non.
Mais certaines des iniquités soulevées sont aussi de la responsablité de la Direction qui, à être très libérale par exemple sur le télétravail, a trop laissé la main aux managers et là, il y a eu effectivement de vraies inégalités de traitement entre les salariés.

De nombreux managers, heureusement majoritaires, ont vite compris les vertus du télétravail,salutaire pour la santé, lorsque d’autres, moins nombreux mais toujours les mêmes, ont refusé cette forme moderne du travail.
On a ainsi souvent cité deux DSA à titre d’exemple, celle de Nord-Loire louée pour avoir couramment dépassé les 40% de salariés en télétravail et celle d’Erdre et Loire où le taux était souvent désespéremment scotché à 20% où à peine plus, avec parfois même du télétravail à la ½ journée, ce qui n’avait aucun sens, une véritable provocation, du grand n’importe quoi !
Nous persistons à dire que la Direction a eu tort de laisser les managers à la manoeuvre.
Nous l’avons souvent affirmé, parfois avec colère lors des CSE restreint.
Le message des pouvoirs publics était clair : le télétravail pour tous, partout où cela était possible, et honnêtement nous ne voyons pas pourquoi ce qui aura été possible dans une SPA du Nord Loire, ne le serait pas dans une SPA d’Erdre et Loire par exemple.
Alors, comme la CFDT avait à chœur de veiller à la sécurité sanitaire des salariés nous en avons appelé à l‘arbitrage de l’inspection du travail, dans un contexte où le discours du Gouvernement était clair, il n’évoquait nullement la nécéssite de recueillir l’accord du manager et du salarié pour cela. Et nous pensons que cette intervention forcée pour rappeler le droit, qui n’a pas plu à la Direction, a permis de
remettre les pendules à l’heure.
Comme vous, nous aussi nous avons pensé que les banquiers, disons plutôt les employés de banques, étaient les grands oubliés pendant cette période au même titre que d’autres professions comme les marins par exemple rarement cités également.
Indispensables à la nation et à l’économie mais transparents dans les médias.
On a, à juste titre apprécié les remerciements pour les soignants, pour les caissières, pour les éboueurs…mais jamais aucun mot pour les salariés des banques qui ne font pourtant de tort à personne et pâtissent toujours de la mauvaise réputation des établissements financiers. La crise de 2008 déclenchée par les banques est passée par là, elle est encore bien présente dans les esprits des journalistes.
On passera sur le courrier anecdotique du Ministre de l’Economie envoyé aux établissements financiers le 27 mars (une date dont on reparlera plus tard), il aura eu un bien faible écho.
Alors, parce que la visibilité médiatique des salariés des banques a été insignifiante, le 03 avril dernier la CFDT a réagi en envoyant un communiqué de presse à tous les médias pour souligner et marteler haut et fort le rôle essentiel des salariés du Crédit Agricole. Car comme l’une de nos adhérentes a pu l’exprimer : « je ne sauve certes pas des vies, mais avec les PGE j’ai le sentiment de sauver des entreprises et donc des emplois », voilà qui n’est pas faux du tout.
Sans les banques on peut penser que des entreprises, des artisans, des commerçants seraient encore plus en difficulté.
Il fallait être là et répondre présent, c’est notre fonction.
Nous l’avons fait ensemble et nous pouvons en être fiers collectivement.
Ainsi s’achève l’épisode 3 de notre série d’été, rendez-vous vendredi prochain, nous évoquerons le dialogue social qui aura été dense pendant toute la durée du confinement.
Passez un bel été

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